
Philippe Ait-Yahia, PDG de Synomia, une entreprise spécialiste du référencement et de la fidélisation sur Internet, revient sur son association originale avec les équipes du CNRS et le déploiement de sa société aux Etats-Unis.
Emmanuel Duteil : Vous êtes spécialiste de la fidélisation sur Internet et l’augmentation du trafic avec une technologie totalement exclusive. Vous avez créé Synomia il y a une dizaine d’années en France et souhaitez conquérir le marché américain. Qu’est-ce que vous avez de si innovant à leur proposer?
Philippe Ait-Yahia : une capacité exclusive d’analyser les contenus textuels sur le web. Synomia, c’est le fruit de la rencontre entre une équipe d’entrepreneurs et une équipe de chercheurs du CNRS qui travaillent depuis une quinzaine d’années dans les technologies d’analyse sémantiques, d’analyse syntaxique. On a été très séduits par leurs travaux à l’époque. On pensait déjà à une chose, c’est que les contenus, et en particulier les contenus web, recèlent des potentiels de croissance immenses pour les entreprises. Pour les exploiter, il faut être capable de définir ce qui s’appelle « le champ sémantique » d’une entreprise, d’une campagne publicitaire, d’une opération de référencement naturel. On va d’abord essayer de découvrir des mots-clés en crawlant le web, en comprenant ce qui est écrit sur le web, et ensuite en agençant des expressions que l’on détecte dans un véritable réseau sémantique. A la fin de tout cela, il faut produire des solutions qui deviennent des outils simples à utiliser, et c’est ce à quoi on s’emploie depuis dix ans.
Vous vous lancez sur ce marché américain, crée depuis une dizaine d’années, qu’est-ce que vous avez attendu ?
On a passé quasiment quatre années à travailler sur des travaux de R & D. il n’y avait pas de chiffre d’affaires, il fallait financer ces travaux très importants.
Je fais une parenthèse : vous aviez une vie d’entrepreneur bien réussie, vous aviez fondé Omnicom, et puis vous vous êtes dit « je vais trouver une technologie qui m’intéresse et je vais la financer ». Et c’est comme cela que vous avez financé la fin de ce programme du CNRS.
Exactement. L’aventure des télécoms avait été extraordinaire, mais aussi extraordinairement épuisante ! Sur ce nouveau projet, avec Martin Grosjean, associé depuis la première heure, on s’est dit qu’on allait chercher à valoriser les travaux de la recherche scientifique française. On a pris notre temps, quasiment six mois, neuf mois, à faire le tour des laboratoires de recherche. Puis on s’est lancé pour industrialiser ce process. Cela a pris du temps. Ensuite on a créé des solutions pour les moteurs de recherche pour sites internet. On en équipe à peu près 300 aujourd’hui. En Europe et aux Etats-Unis.
Vous avez des grands noms du CAC 40 comme clients : Renault, Danone…
EDF, Veolia… On peut s’adresser à des grands groupes mais aussi à des petites sociétés, des e-commerçants ou des institutionnels. Des sociétés qui ont compris qu’il fallait développer du contenu pour se rendre visible et qui font appel à nos services pour mettre en valeur ce contenu de manière à attirer des visiteurs, soit en campagne prépayée de type référencement Google, ou en référencement naturel.
Puis direction les Etats-Unis.
Il a fallu du temps pour savoir comment les Américains réagissaient à nos produits existants. On a passé une année supplémentaire à vois comment les Américains réagissaient à nos produits, pour découvrir que certains produits ne leur ont pas plu, tels qui étaient conçus en France. On a été aidés par Triana, un incubateur à New-York, et on a complétement relooké un de nos produits.
Aux Etats-Unis, vous avez des clients comme Digitas, des grands noms…
On a un partenariat avec Digitas, qui démarre très fort. J’étais ce matin chez un grand éditeur américain, « American Media Corporation », avec lequel on bâtit un partenariat à la fois sur la valorisation de leurs contenus, l’optimisation de leur campagne de publicité online, et pour développer des outils d’analyse compétitifs.
La prochaine étape : avoir une filiale aux Etats-Unis ?
C’est logiquement la suite à venir. On n’a pas envie de brûler les étapes, mais cela aura lieu à mon avis dans peu de temps.