
Françoise Gri, présidente de Manpower France, analyse le difficile redémarrage de l’intérim et évoque l’investissement de Manpower dans une société de services informatiques.
Stéphane Soumier : (…) L’intérim est un poste très avancé de la situation économique. (…) Quelle est la situation de l’intérim aujourd’hui ?
Je sais bien que vous cherchez les bonnes nouvelles en ce lundi matin ; moi aussi. On va présenter les choses de façon plus positive. Juillet-août ont été des mois très difficiles pour le travail temporaire, ce qui veut dire quelque chose en termes d’économie et de carnet de commandes. On était très inquiets du redémarrage du mois de septembre et on redémarre clairement à petite vitesse.
Pour donner quelques chiffres – et encore une fois il faut le comparer par rapport à l’année dernière – on a néanmoins un premier trimestre de l’ordre de 20 % de croissance. Ce qui veut dire que l’on reconstitue le niveau d’emploi, notamment dans le travail temporaire. Un recrutement qui est à 30 % de croissance. Au deuxième trimestre, on a observé un peu de ralentissement : on est aux alentours de 15 %. Le recrutement permanent continue à progresser. Mais en juillet- août : encéphalogramme plat.
N’est-il pas classiquement plat en juillet et en août ?
On compare à juillet-août de l’année dernière c'est à dire en données corrigées des variations siasonnières. On est de l’ordre de 5 % de croissance dans les dernières semaines. Ce qui veut vraiment dire que l’on est dans une toute petite croissance de l’activité avec beaucoup d’attentisme.
Effectivement, on a le souci sans arrêt d’apporter des choses positives. En même temps, ce matin on est obligé de regarder la vérité en face. Et la vérité telle que nous l’a apporté Philippe Waechter ce lundi matin sur notre antenne avec l’ensemble des indicateurs (...) qui sont tombés notamment vendredi, c’est un coup d’arrêt, voir une chute brutale dans certains secteurs.
Clairement. On a une production industrielle qui a beaucoup nourri l’économie et qui perd de sa vitesse. On sent à la fois un ralentissement très fort dans un certain nombre de domaines, notamment l’industrie, mais aussi par exemple la construction et dans une certaine mesure les services qui n’ont pas redémarré, et beaucoup d’attentisme. Les deux conjugués font présager des mois prochains un peu difficiles.
Vous avez également annoncé vendredi un investissement dans une société de services informatiques, une SSII, Proservia.
Effectivement. C’est une entreprise qui fait environ 50 millions de chiffre d’affaires, installée à Nantes, dans la très belle zone très active de services de Carquefou. C’est vraiment un pas de plus dans notre diversification. Nous pensons que nous avons une base dans le monde de l’emploi, que l’on peut utiliser différemment. Et là c’est un pas vers la constitution d’une activité que l’on va appeler "talent base outsourcing".
Ce que l’on veut dire par là, c’est que quand on va dans l’externalisation de services, il y a deux types d’externalisation de services. Il y a l’externalisation de services qui se structure autour de grosses infrastructures, et puis il y a une externalisation des services qui se structure autour de la capacité à gérer des équipes, du recrutement, de la formation. Et là il y a tout un pan d’activités potentielles pour nous qui apportons des capacités industrielles dans ce domaine.
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