
Le patron d’AXA, Henri de Castries, était présent sur le plateau de BFM Business, pour commenter les résultats du groupe, mais aussi s’exprimer sur le contexte économique actuel. Le retour de la croissance en France et la dette grecque ont été au cœur des échanges.
Le groupe d’assurance a annoncé ce matin un bénéfice net en hausse, qui s’établit à un peu plus de quatre milliards d'euros. En revanche, le chiffre d’affaires marque une légère baisse de 4% : il atteint 89 milliards d’euros. Les résultats sont touchés par la désaffection des épargnants pour les assurances vie et la dette grecque.
Le patron d’AXA, Henri de Castries, était sur présent sur le plateau de BFM Business, pour commenter ces résultats, mais aussi s’exprimer sur le contexte économique actuel.
A propos de la situation française, le dirigeant a insisté sur la nécessité de s’attaquer à un plan de réformes qui puisse permettre de renouer avec la croissance économique : "Nous avons besoin qu’un certain nombre d’épargnants et d’institutions, installées partout dans le monde, achète une partie de notre dette. Ce qui va compter dans leur décision c’est la capacité de la France à entreprendre les réformes nécessaires".
Sans grande surprise, il estime que réduire la dépense publique et renouer avec la compétitivité sont les deux leviers qui permettront de sortir de l’impasse : "Les politiques qui ne le permettront pas seront jugés défavorablement, avec pour conséquence des emprunts de plus en plus difficiles à des coûts de plus en plus élevés".
Autre sujet d’actualité évoqué, la renégociation de la dette grecque. Le groupe a provisionné une décôte à hauteur de 75 %. Henri de Castries écarte toute possibilité d'une annulation totale : "On ne peut pas vivre dans un système, en tout cas dans les économies développées avec une monnaie unique, dans lequel on prend pour hypothèse que des pays souverains ne rembourseront pas leurs dettes. On ne peut pas admette que ces engagements valent tout à coup zéro".
Une annulation de la dette aurait de nombreuses répercussions : " Derrière tout ça, il y a l’argent des petits épargnants, des retraités qui ont fait confiances à des Etats, et des gouvernements qui ont pris des engagements. Cette restructuration est douloureuse, elle va coûter de l’argent à beaucoup de gens, elle est probablement le prix à payer pour un maintien de la zone euro, accompagnée d’un certain nombre de réformes".
Le dirigeant évoque les négociations de plus en plus délicates, notamment en raison d’un climat de défiance vis à vis de la Grèce : " C’est un processus de négociations difficile, d’autant que la Grèce n’a pas toujours donné le sentiment, à ses partenaires, d’appliquer avec beaucoup de rigueur les engagements qu’elle prenait. Ces partenaires attendent maintenant des engagements précis, avec un peu de défiance et de procès d’intention".
Mais l'issue semble proche aux yeux du patron d’AXA : " Nous espérons que les choses vont se conclure dans les jours qui viennent, ce qui ne veut pas dire que tous les problèmes soient résolus dans la zone euro...".