
La croissance française est de 1,7 % en 2011 selon l'Insee. Dans le détail, un poste est révélateur du climat d'incertitude : les Français misent de plus en plus sur leur bas de laine.
> Le taux d'épargne des ménages va augmenter d'un point en 2011
> Aucune visibilité sur le front de l'emploi : les ménages épargnent
> Les Français anticipent une hausse de la fiscalité en épargnant
Le gouvernement a visé juste avec sa prévision de croissance à 1,75 %. Il est tout près de l’estimation de l’Insee parue mercredi. Dans un environnement économique difficile, c'est plutôt une bonne nouvelle.
En revanche, un signe montre l’incertitude qui règne : le taux d’épargne des Français, en hausse en 2011. Il devrait augmenter d'un point, pour passer de 16,1 à 17 % en 2011. Ce qui n'est pas un très bon signe. Car plus on épargne, moins on consomme.
C'est un classique en temps de crise : les ménages n'ont aucune visibilité à trois ou six mois sur le marché du travail. Le chômage augmente. Les statistiques sur l'emploi se dégradent. Dans cet environnement pesant, les Français sont très prudents dans leur comportement. Ils préfèrent mettre de l'argent de côté, pour prévenir un éventuel choc à venir.
Les ménages anticipent la hausse de la fiscalité
Autre explication à ce phénomène : le 1e octobre prochain, la TVA devrait augmenter, ainsi que la CSG sur les revenus financiers. Les ménages anticiperaient donc aussi une hausse à venir de la fiscalité en épargnant plus.
A court terme, un taux élevé d'épargne n'est pas bon pour la conjoncture. Mais à moyen terme, l'effet peut être positif, car cet énorme matelas favorise le financement de l'investissement.