
Dans leur rapport annuel de 1 600 pages rendu public ce mercredi, les sages de la rue Cambon n’y sont pas allés par quatre chemins. Ils appellent le gouvernement et les candidats à la présidentielle à faire davantage, sans brider la croissance.
> L'effort a été réel en 2011
> Mais l'objectif du gouvernement pour 2012 sera difficile à atteindre
> Et les plus gros efforts restent à préciser et à programmer, en 2013 et 2014
"La réduction des déficits structurels a été quasi-nulle en 2010", annonce la Cour des comptes, mais elle a été "réelle en 2011". L'effort programmé pour 2012 est un des plus importants des 20 dernières années, notent en substance les magistrats dans leur rapport annuel. Mais les compliments s'arrêtent là !
Au rythme actuel, souligne le rapport, il faudrait 10 ans, et non pas cinq, pour revenir à l'équilibre. "La plus grande partie du chemin restera à parcourir en 2013 et 2014". Et même cette année, l'objectif d'un déficit à 4,5 % du PIB sera "difficile à atteindre", car "le ralentissement programmé des dépenses n'est pas encore acquis". "Des mesures complémentaires pourraient s'avérer nécessaires en cours d'année", ajoutent les auteurs.
Réduire les niches fiscales
La Cour des comptes estime par ailleurs que le redressement repose essentiellement sur des hausses d'impôts, et pas assez sur la diminution des dépenses.
En vidéo. Didier Migaud, son président, est revenu aussi sur les niches fiscales : "Nous appelons à amplifier l’effort en matière de réduction des niches fiscales", estimant qu’il faudrait vraisemblablement aller vers les 15 milliards d’euros d'effort, "pour avoir une réduction nette de ces dépenses fiscales de l'ordre de 10 milliards d'euros".
En vidéo. Enfin, l’organisme de contrôle des comptes publics prévient déjà qu'une succession de plans de rigueur risque d'affoler les ménages et les entreprises, et donc d'affecter la croissance.