
Hier, les taux d’intérêt britannique sont passés en dessous de ceux de l’Allemagne. Alors que Londres est beaucoup moins vertueux.
Pour la première fois depuis 2009, les taux d’intérêt du Royaume-Uni sont inférieurs à celle de l’Allemagne : les marchés financiers considèrent que la dette britannique a plus de chances d’être remboursée que son homologue continentale. Alors que le déficit de Londres est bien plus important que celui de Berlin. Et que les Anglais font le contraire de ce que préconisent les Allemands, en mobilisant massivement la banque centrale pour injecter de la monnaie et soutenir l’économie – la Banque d’Angleterre a créé de la monnaie pour près de 15% du pib, et elle n'a rien d'"indépendant" au sens allemand.
Dans la finance comme dans la vie, la vertu n’est pas toujours récompensée. Et le pragmatique réussit souvent bien mieux que le dogmatique. L’obstination avec laquelle l’Allemagne refuse absolument qu’on sollicite la banque centrale européenne (BCE), contre l’avis de la France, ne suffit pas à rassurer les prêteurs, qui redoutent maintenant l’effondrement de toute la zone.
Une fois encore, le Royaume-Uni s’affirme comme un modèle de politique économique : pragmatisme monétaire avec dévaluation, et sévère rigueur budgétaire, avec les coupes décidées par le Premier ministre Cameron à son arrivée. Il parvient ainsi à offrir une perspective plus rassurante que la zone euro, qui fait exactement le contraire : rigueur monétaire et redressement approximatif sur le plan du budget.