
Après avoir tout essayé pour lutter contre la crise, l’Europe s’oriente vers le fédéralisme budgétaire. Bonne chance.
Dans son second discours de Toulon, qui sera prononcé jeudi, le président français Sarkozy devrait annoncer une nouvelle parade anti-crise, la mise en place d’un pacte d’union resserrée qui lierait quelques-uns des membres de la zone euro, renonçant à leur souveraineté budgétaire au profit de la Commission. La contrepartie de ce saut vers le fédéralisme, inspiré par l’Allemagne, serait une intervention de la Banque Centrale Européenne massive pour faire baisser la fièvre sur les taux d’intérêts belges, espagnols et italiens.
Peu à peu, le design de la zone euro prend une forme plus logique, sinon raisonnable : plus d’intégration et moins de pays. Reste à savoir ce qu’on fera des pays membres de la zone qui ne suivraient pas, soit de leur fait, soit à cause de la réticence allemande, la Grèce par exemple. Reste aussi à réussir un nouveau tour de passe-passe : comment réaliser le fédéralisme sans prononcer ce mot qui effraye les peuples, et sans consulter les électeurs, qui ne manqueraient pas de rejeter le projet ? Comment organiser le contrôle démocratique de ce nouvel ensemble ? Restera enfin à traiter le vrai problème de la zone euro, à l’origine de la crise de la dette : les écarts de compétitivité entre les différentes nations qui la composent. Faute d’une solution à cela, la zone euro fédérale comprendra d’immenses déserts d’activité, qui ne survivront que grâce à des transferts massifs en provenance d’Europe du Nord.