
L’éloignement du Royaume-Uni nous laisse dans un tête-à-tête problématique avec l’Allemagne.
A suivre les événements du dernier sommet européen, le Royaume-uni pourrait, sinon quitter l’Union européenne, du moins s’en éloigner beaucoup plus qu’on ne l’a imaginé. Car c’est bien le principe même du marché unique – des règles communes pour les marchés de biens et de services, la finance notamment – qui est mis en cause par Londres aujourd’hui.
On comprend les motivations de Cameron : la zone euro s’enferre dans une crise interminable, et la stratégie du « stand-alone » est plus tentante que jamais.
Déjà en 1992, la Grande-Bretagne avait été la première à quitter un système monétaire européen (SME) victime du même problème qu’aujourd’hui : la différence de compétitivité exacerbée par la récession. Déjà en 1931, Londres avait été la première à quitter l’absurde union monétaire constituée autour du bloc-or, qui avait amplifié la crise des années 1930. Nul étonnement à ce qu’en 2011, les Anglais rompent à nouveau les amarres.
Cette décision, si elle était confirmée, aurait le grand inconvénient de laisser une France seule dans son tête à tête fantasmatique avec l’Allemagne. Pas d’alliance « de revers » possible pour sortir d’une confrontation où le rapport de force nous est désormais très défavorable. L’Allemagne en profitera, à l’évidence. Ce qui pourrait exacerber les deux sentiments irrationnels et contradictoires qui dominent notre relation à l’Allemagne, la germanophilie et la germanophobie.