
Cameron a peut-être trouvé le moyen de mobiliser l’argent des émergents au service de la croissance.
Oui, c’est aujourd’hui la plus forte grève au Royaume-Uni depuis trente ans. Mais à la veille de cette inévitable journée d’agitation sociale, le gouvernement britannique a annoncé un plan ambitieux pour soutenir la croissance en rénovant les infrastructures : 30 milliards de livres, soit 35 milliards d’euros. L’idée est de mobiliser l’argent des fonds de pension – à propos, n’a-t-on pas chez nous des caisses de retraite, qui gèrent beaucoup d’épargne ? – et celui du privé. Et le fonds souverain chinois a annoncé qu’il regardait cette initiative avec beaucoup d’attention.
Pourquoi diable les Chinois iraient-ils au Royaume-Uni, pays aussi endetté que nous, alors qu’ils ont gentiment décliné d’investir dans le sauvetage des états de la zone euro ? Parce que Londres leur propose d’investir dans des actifs réels, du rail et du béton. Alors que nous leur voulions leur vendre un papier problématique, dont personne ne sait s’il sera remboursé.
Une fois encore pragmatique, le Royaume-Uni fait feu de tout bois.
Quel contraste avec la nouvelle usine à gaz inventée cette nuit par la zone euro pour échapper au désastre : la banque centrale européenne prêterait au fonds monétaire international, qui prêterait aux états nécessiteux. Nous en serons bientôt réduits à aller frapper à la porte de la Banque centrale de la Lune. Il est possible que personne ne réponde.